
PLOMB
Publié le 14 Juillet 2025

Une proposition de loi transpartisane, soutenue par plusieurs groupes parlementaires, ambitionne de faire entrer la surchauffe estivale des logements dans le champ des priorités nationales. L’idée est simple, mais ambitieuse : ne plus tolérer que des logements deviennent invivables lors des périodes de chaleur extrême.
L’expression « logement bouilloire » désigne ces habitations mal conçues ou mal isolées qui emmagasinent la chaleur au point d’atteindre 30 °C, parfois dès le début de l’après-midi. Ces situations ne sont pourtant pas marginales. Selon les chiffres cités, près de 40 % des Français auraient en effet déjà souffert de températures excessives chez eux. Jusqu’à présent, le confort d’été restait un indicateur secondaire du DPE. La proposition de loi souhaite en faire un critère à part entière, visible dès la publication des annonces immobilières.
À partir de 2030, les pires logements surchauffés pourraient être considérés comme indécents, et donc interdits à la location. Pour cela, le texte propose un affinement de l’indicateur « confort d’été » du DPE et impose son affichage obligatoire. La rénovation globale devra également traiter explicitement cette question : protéger du froid ne doit plus signifier piéger la chaleur en été.
Autre point fort du texte : la fin des coupures d’électricité pour impayés en période estivale. Un service minimum d’énergie, semblable à ce qui existe pour l’eau ou le chauffage l’hiver, serait garanti à tous, afin de permettre l’usage d’un ventilateur ou d’un climatiseur en cas de forte chaleur.
Ce projet de loi reflète un changement de regard. La précarité énergétique ne se limite plus au froid. Face au réchauffement climatique, il devient en effet urgent d’adapter notre parc immobilier à un nouveau défi : le confort thermique en été.